COPRODUIRE ÉTHIQUEMENT, DES EXEMPLES PRATIQUES

ATELIERS D’ÉDUCATION ET DE PRÉVENTION (BRAS-OUTAOUAIS)

L’ORGANISME

Bureau régional d’action sida (BRAS-Outaouais)
www.lebras.qc.ca
info@lebras.qc.ca

PUBLIC CIBLÉ

Personnes vivant avec le VIH/sida qui fréquentent l’organisme.

ÉTAT DU PROJET

Depuis 1993.


    • L’organisme peut proposer à une personne vivant avec le VIH, ayant fait un cheminement dans l’acceptation de son statut, de témoigner de son expérience. D’autres personnes vont spontanément proposer leur témoignage dans le cadre des activités de sensibilisation. L’organisme peut aussi faire une annonce de recrutement dans son journal, le BRAS Express. Deux rencontres préparatoires sont prévues.

      La première rencontre vise à identifier les motivations et les besoins de la personne témoin, et à cerner les impacts positifs et négatifs du témoignage. L’Intervenant.e. pose les questions suivantes :

      • Depuis quand songes-tu à partager ton histoire ?
      • Est-ce que tu as déjà fait un dévoilement à des membres de ton entourage et comment l’expérience s’est-elle déroulée ?
      • Quelles sont les raisons qui t’incitent à témoigner ?
      • Quel message veux-tu transmettre aux personnes qui reçoivent un atelier VIH 101 ?
      • Comment vois-tu mon rôle avant, pendant et après le témoignage ?
      • Qu’est-ce qu’un témoignage peut t’apporter ?
      • Quels sont les enjeux (qu’as-tu à perdre et à gagner) pour toi de faire un témoignage ?
      • Est-ce qu’il y a des milieux, groupes, régions, catégories de personnes avec lesquelles tu ne veux pas partager ton histoire ?

      L’intervenant.e explique le déroulement des activités de sensibilisation du BRAS et demande à la personne témoin d’écrire son histoire telle qu’elle voudrait la raconter, soit en texte suivi ou par points (pour la seconde rencontre) ou offrir de l’écrire avec elle à la prochaine rencontre.

      (2) La deuxième rencontre de préparation est l’occasion de lire et de discuter l’histoire écrite de la personne ou d’écrire l’histoire. Nous échangeons sur les émotions suscitées par cet exercice. Au besoin, nous proposons des méthodes pour structurer le récit, par exemple la création de fiches aide-mémoire (moment où je l’ai su, vivre avec la médication, la santé globale, la vie amoureuse et sexuelle, la discrimination, la toxicomanie, le milieu de travail, etc.).

       

      L’intervenant.e offre à la personne-témoin deux possibilités :

      • Faire un premier témoignage devant lui ou elle et, au besoin, inviter d’autres personnes de son choix ou
      • Assister au témoignage d’une autre personne vivant avec le VIH dans le cadre d’une activité de sensibilisation.

      Un échange a lieu à propos des attentes d’accompagnement : besoin de soutien avant, pendant et après le témoignage. Le processus d’attribution des offres de témoignages est expliqué à la personne témoin ; il s’opère selon les conditions du groupe visité (âges, milieu, temps alloué), selon les besoins du BRAS et le profil des personnes témoins disponibles.

    • Au fur et à mesure que la personne gagne de l’expérience, des défis lui sont lancés afin de rendre son expérience stimulante : transmettre une partie du contenu informatif sur le VIH/sida en collaboration avec l’accompagnant.e, réaliser son témoignage dans des contextes variés, etc.
    • Le retour sur l’expérience du témoignage avec l’accompagnant.e est un moment où la personne témoin s’exprime et identifie ses forces et ses difficultés, puis des stratégies pour palier à ces difficultés.

      Nous proposons aussi une activité sociale de groupe aux personnes témoins, un repas dans un restaurant, café-rencontre, etc.

  • AVEC LES PERSONNES QUI TÉMOIGNENT ?

    Le désistement de la personne témoin pour des raisons de santé ou autre. Les répercussions sur la personne témoin des préjugés qui sont véhiculés par le public.

     

    AU SEIN MÊME DE L’ORGANISME?

    Donner une rétroaction juste à la personne témoin sans la blesser ni critiquer la façon dont elle raconte son histoire. Se donner les moyens de garder les personnes qui témoignent motivées.

     

    RESPECTER LA DIGNITÉ DE L’INDIVIDU DANS LA DÉMARCHE D’ACCOMPAGNEMENT SOCIAL AU TÉMOIGNAGE C’EST…

    • S’assurer que la personne témoigne par choix et que l’expérience lui soit profitable dans son cheminement personnel.
    • Offrir soutien, transparence et reconnaissance dans l’accompagnement.

     

    ENJEUX ÉTHIQUES ET DE SOLIDARITÉ

    Respecter le rythme de la personne aussi bien dans le processus que dans sa disponibilité à témoigner. Maintenir un sentiment d’appartenance dans le groupe de personnes qui témoignent.